Histoire et Patrimoine

HERALDIQUE

Il faut remonter au IXème siècle pour comprendre la signification du nom du village. Fontenay qui vient de « Fontadinum », déformation du latin «Fontana» désignant un lieu où jaillissent des fontaines.

La terre de Fontenay est citée pour la première fois en 832 par Hilduin, abbé de Saint-Denis, au sujet des redevances dues à son abbaye. Cette seigneurie fut offerte en 978 à l’abbaye Saint-Père-en-Vallée de Chartres par la Comtesse Letgarde, veuve de Guillaume Longue-Epée, Duc de Normandie, puis de Thibaud le Tricheur, comte de Chartres et cousine germaine d’Hugues Capet. Le pape Pascal VI confirme cette donation par une bulle du 7 janvier 1106. Les moines de cette abbaye devinrent ainsi les seigneurs et les patrons de Fontenay que l’on prit l’habitude de qualifier de Saint-Père, altération populaire de Saint-Pierre. C’est donc à partir de cette époque que le nom de « Saint-Père » fut ajouté au nom de la commune. C’est eux qui firent édifier l’église Saint-Denis. En 1155, Louis VII, à son retour de pèlerinage, confirme les privilèges et les droits de commune à la paroisse. Jusqu’à la Révolution, le fief passe entre les mains de nombreux seigneurs. En 1708, René Jouenne, seigneur d’Esgrigny, acheta la seigneurie de Fontenay à l’abbaye Saint-Père de Chartres. Souhaitant disposer d’une demeure correspondant à son rang, il fit édifier le château du Mesnil. Il vendit le domaine en 1730 qui passa de main en main. Il appartient aujourd’hui aux héritiers des derniers châtelains du Mesnil.

 

 

La population était autrefois agricole et ouvrière, alternant entre travaux des champs et maçonnerie. Il existe alors de petites exploitations familiales et de grosses entreprises de salariés agricoles se consacrant principalement aux cultures céréalières et viticoles. Si la majeure partie des activités se concentre désormais dans les usines de la vallée de Seine, la population a conservé son caractère rural.

Le village de Fontenay-Saint-Père est fort de son histoire moyenâgeuse dont il reste de nombreux édifices (l’église Saint-Denis, le château du Mesnil, les lavoirs) et corps de ferme.

Visiter Fontenay-Saint-Père et ses 5 éléments de patrimoine ...

« Sauvegarder notre passé, ne jamais l’oublier. Toutes ces vieilles pierres en sont la mémoire. Dignes représentantes de l’art de nos anciens, remplies de beauté et de savoir-faire. »

 

L’EGLISE SAINT-DENIS

Placée sous le patronage de Saint Denis, l’église de Fontenay se compose d’une nef flamboyante à trois vaisseaux étroits, dont la voûte est refaite au XVIe siècle, avec une charpente encore visible dans les combles, et d’un chœur roman avec abside polygonale à trois pans. Le clocher du XIIème siècle est éclairé sur chaque face de deux baies en plein cintre. La façade est refaite en 1885.

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SAINT DENIS (EN BOIS, XIV°)

La présence d’une statue de Saint Denis dans l’église paroissiale s’explique par la dépendance à Hilduin, abbé de Saint-Denis, premier évêque de Paris, martyrisé à Montmartre au III° siècle.

« Sauvegarder notre passé, ne jamais l’oublier. Toutes ces vieilles pierres en sont la mémoire. Dignes représentantes de l’art de nos anciens, remplies de beauté et de savoir-faire. »

 

SAINTE BARBE (PIERRE POLYCHROME, XVI°)

Patronne des maçons, des artificiers et des pompiers. Croyante et d’une grande beauté, son père païen l’enferme dans une tour. Dénoncée, elle est martyrisée au IIIème siècle.

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CROIX DE BOISFREMONT

Cette remarquable croix de Malte est difficile à dater (XIIe s. ?). Elle se situe aujourd’hui à côté du portail de l’église de Fontenay-Saint-Père.
C’est en fait une ancienne croix de chemin placée à un carrefour à la limite des territoires de Guitrancourt et de Fontenay-Saint-Père.

SCULPTURE ET BANC

 Devant l’église, se trouve un banc circulaire en maçonnerie dont le dossier sert de bac à fleurs ; l’ensemble est surmonté d’un motif décoratif en fer forgé. Cette construction est réalisée à l’emplacement de l’ancienne croix de cimetière.

FONTAINES, SOURCES ET LAVOIRS

 

LE LAVOIR LÉON-ANDRIEUX

Selon la date gravée sur l’un de ses murs, ce lavoir a été construit en 1886. Tout en longueur, en contrebas de la rue Léon-Andrieux, il est aménagé sur le cours du Ru de Fontenay qui coule en continu. Il comporte une seule rangée de pierres à laver et s’appuie sur un mur de pierres. Cinq poteaux de bois soutiennent sa charpente en bois et son toit en appentis est couvert de tuiles mécaniques. On y accède par des dalles posées sur le dessus du Ru.

LE LAVOIR DU SAUSSAYE

Ce lavoir, construit vraisemblablement entre 1870 et 1871, a deux bassins : le bac de lavage et le bac de rinçage. Il conserve encore ses pierres à laver. Construit en contrebas, il est accessible via quelques marches. La partie de travail couverte de tuiles plates, sa toiture étant soutenue par de robustes poteaux de bois.

LE LAVOIR DU GREZ

Alimenté en eau par le Ru de Fontenay qui prend sa source au Nord de la commune, au dessus du Château du Mesnil. Il s’écoule et forme un étang dans le parc du Château, vaste réservoir, puis, arrose la vallée qui porte son nom. Son débit a permis d’actionner pas moins de trois moulins : la grande vallée, le moulin de la Mairie et le moulin des près. A une centaine de mètres, il reçoit deux affluents, le ruisseau des marais sur la rive droite et le ru Mian sur la rive gauche.

LE LAVOIR DE LA GRENOUILLÈRE

Longtemps la lessive s’est faite au bord des rivières et des ruisseaux sur une pierre inclinée ou une simple planche. Mais au XIX siècle épidémies et pollutions industrielles sont nombreuses. En 1832, par exemple, la commune de Fontenay-Saint-Père enregistre 14 victimes du choléra. L’hygiène devient un enjeu de santé publique. Par la loi du 3 février 1851, sous Napoléon III, l’assemblée législative vote un crédit spécial pour subventionner à hauteur de 30% la construction d’établissements de bains et lavoirs publiques.

LE LAVOIR DE LA GRANDE VALLÉE

Après 1850, il y a des lavoirs dans toute la France. Ils sont tels que nous les connaissons aujourd’hui : aménagés, couverts, transformés en bâtiments fonctionnels. Le nombre de lessiveuses augmente fortement durant la première moitié du XXème siècle. Cependant leur utilisation est progressivement abandonnée au cours du XXème siècle avec l’arrivée de l’eau courante et de l’électroménager. Le premier brevet des machines à laver manuelles actionnées par une manivelle est déposé à l’institut national de la propriété industrielle en 1904.

La Corvée

Un abreuvoir a été construit à cet endroit. Les animaux de l’ancienne ferme de la Grange Dîme s’y sont désaltérés jusqu’au début du XXème siècle. Aujourd’hui, c’est une curiosité du village. En haut de quelques marches, il est appuyé contre un mur de pierres du Vexin. Ses arrondis en arc de cercle et une pierre centrale détachée sont remarquables.

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